A PROPOS DES OFFRANDES DE MESSE...

 

« Pourquoi donner de l'argent quand on demande de célébrer une messe ? »

« Monsieur le curé inscrit plusieurs intentions de messes le même jour : est-ce normal ? »

 

Autant de questions que nous nous posons parfois ou que nous entendons autour de nous sans savoir toujours quoi répondre.

 

Dans toute question d'argent, il faut respecter, surtout dans l'Eglise, une règle d'or : la transparence...

 

La première clarification à faire, à propos de la question des intentions de messe, c'est d'expliquer le sens de l'offrande qu'on remet à un prêtre à l'occasion d'une célébration eucharistique. Il ne s'agit évidemment pas de « payer la messe », comme pourraient le laisser entendre des expressions maladroites : « c’est combien, une messe ? »

 

La messe n'a pas de prix. Elle est gratuite : «prenez et mangez ! » Dans le prophète Isaïe, on lit à propos des « choses de Dieu » : « même si vous n'avez pas d'argent, venez, achetez et mangez... ». En même temps la messe a un prix incalculable : le prix infini de l'amour de Dieu qui a donné sa vie pour nous.

 

Il faut être clair : l'offrande est destinée au prêtre qui célèbre la messe.
C'est pourquoi, il peut y avoir plusieurs intentions quand il y a plusieurs célébrants. Inversement une seule offrande faite peut être porteuse d'intentions multiples.

Les honoraires de messe sont une partie non négligeable des ressources des prêtres. C'est une des façons dont les fidèles peuvent manifester de façon concrète leur attachement au sacerdoce ministériel, et leur souci d'assurer à leurs prêtres le nécessaire pour vivre.

 

Les prêtres ne sont pas riches. Il y a plus pauvre qu'eux. Quel est le revenu moyen des prêtres ? En dehors de ceux qui ont une fortune personnelle (familiale par exemple) ou qui exercent une profession, ils reçoivent à peu près l'équivalent du SMIC. Ils perçoivent de l'évêché un traitement uniforme qui vient de la collecte annuelle du denier de l'Eglise (une fois par an), complété par des avantage en nature (logement de fonction). Pour faire le compte, il faut ajouter les offrandes de messe, qui représentent environ un tiers du total.

 

Ce système qui lie l'argent et le culte peut paraître désagréable et dépassé. En tout cas, à l'heure qu'il est, on n'en a pas encore trouvé d'autre.

Malgré ses limites, il a un sensprofond et traditionnel.

 

Dès l'Antiquité, les fidèles apportaient à la messe en procession au moment de l'offertoire des offrandes en nature, directement destinées aux pauvres de la communauté (aujourd'hui les organismes d'Eglise spécialisés), aux ministres du culte (évêques, prêtres), et au culte lui-même (le pain, le vin, l'huile).

 

Le même geste converti aujourd'hui en argent est clairement moins symbolique, mais il a la même portée.

C'est une façon de s'engager personnellement (ou en famille), dans la célébration, en prenant en charge partiellement le célébrant pour sa vie matérielle.
Réciproquement, le célébrant prend en charge à son tour d'une façon particulière, dans son devoir de prier pour eux, les intentions de ces fidèles.

 

D'ailleurs, ne le savez-vous peut-être pas, tout curé est tenu par le droit de l'Eglise de célébrer une fois par semaine la messe «pro populo», la messe «pour le peuple», celui qui lui est confié, et ceci sans recevoir d'offrande.

 

Chaque semaine, en plus de sa prière journalière pour vous dans l'office liturgique (le bréviaire), votre curé offre, pour chacun de vous et tous ceux qui lui sont confiés et qui ne sont pas tous pratiquants (et de loin !), une intention de messe !

 

On sait bien que la messe est toujours célébrée pour le monde entier: «pour la gloire de Dieu et le salut du monde » dit-on ; mais cela n'est pas contradictoire avec une . intention déterminée (nominative).

Le monde est fait de visages concrets. La grâce de chaque célébration du Sacrifice eucharistique peut-être appliquée à des vivants ou des défunts.

 

Comme cela a été rappelé officiellement par le droit canon, il ne peut y avoir qu'une offrande par jour et par célébrant.

Il est possible parfois que l'on annonce plusieurs intentions à une même messe alors qu'il n'y a qu'un seul célébrant. Dans ce cas, qui ne doit pas être la règle, il faut alors être très clair et expliquer que l'intention a pu être confiée à un autre prêtre qui ce jour là, célébrera à ces intentions annoncées, ou que d'autres messes à ces intentions seront célébrées les jours suivants, en semaine.

 

Il est vrai que les messes du Dimanche sont davantage demandées.

Mais des fidèles adultes dans leur foi comprendront très bien que l'intention soit annoncée avec d'autres le Dimanche et que la messe soit célébrée ensuite en semaine.

 

A chaque fois, par souci d'honnêteté et de courtoisie, le prêtre ou celui qui reçoit la demande d'intention (un laïc mandaté) expliquera cela à la famille.

 

Il se peut également qu'une intention annoncée sans que la messe soit célébrée - il y a des cas de force majeure - soit reportée. Dans ce cas, lorsque c'est possible, la famille sera avertie à l'avance, et on fixera un autre jour, en accord avec elle, pour la célébrer.

 

A la fin des messes dominicales ou de semaine, en venant au presbytère, ou tout simplement par téléphone, il est possible de demander qu'une (ou plusieurs) messe soit célébrée à une intention particulière et nominative.

 

Lors de la messe, l'intention (sauf avis contraire de votre part) sera nommée (lors du « mémento» des défunts dans la prière eucharistique s'il s'agit d'un défunt).

 

Dans notre diocèse, l'offrande à l'Eglise pour la célébration d'une messe à une intention particulière est fixée, pour le moment, à 16 € mais bien entendu il est possible de donner ce que l'on veut mais aussi ce que l'on peut...

 

1° Septembre 2009

Abbé Laurent RENARD

A propos des offrandes de messe